S’engager dans une association repose sur un principe simple : donner de son temps sans attendre de contrepartie financière. Pourtant, cet engagement ne doit jamais coûter de l’argent au bénévole. C’est là qu’intervient le défraiement, un mécanisme encadré qui permet de couvrir les dépenses engagées dans le cadre de la vie associative, qu’il s’agisse de bénévolat, de mécénat ou de volontariat, sans jamais transformer cette aide en rémunération déguisée.
Points clés
- Le remboursement des frais engagés par les bénévoles doit couvrir uniquement des dépenses réelles et justifiées, sans jamais constituer une rémunération déguisée.
- Les frais de déplacement peuvent être remboursés selon un barème kilométrique officiel, qui prévoit des taux spécifiques selon la puissance du véhicule et une majoration pour les modèles électriques.
- Le remboursement des repas et de l’hébergement est soumis à des plafonds stricts pour garantir une gestion raisonnable des ressources de l’association.
- Chaque demande de remboursement doit être appuyée par des pièces justificatives (factures, tickets) conservées pendant quatre ans pour répondre aux exigences fiscales et sociales.
- L’absence de justificatifs ou le recours à des remboursements forfaitaires arbitraires expose l’association à des risques de requalification en salaire par l’URSSAF.
- Les bénévoles peuvent choisir de renoncer au remboursement de leurs frais pour transformer cette somme en don, ouvrant droit à une réduction d’impôt sous certaines conditions.
- L’utilisation d’outils numériques spécialisés facilite la gestion, le suivi comptable et la rapidité des remboursements tout en assurant une meilleure traçabilité des opérations.
Comprendre les règles applicables évite bien des tensions au sein des équipes et protège l’association de tout risque juridique. En pratique, le remboursement des frais des bénévoles doit répondre à des critères précis pour rester conforme et non imposable, tant pour la structure que pour la personne engagée.
Sommaire
Les types de frais remboursables aux bénévoles d’association
Le défraiement d’un bénévole rembourse les frais réels engagés pour l’association, sous conditions. Il ne s’agit jamais d’un salaire ni d’une compensation forfaitaire déconnectée des dépenses réellement supportées. Les frais concernés peuvent couvrir des achats de matériel, des timbres, des fournitures ou encore des communications téléphoniques liées directement à une mission confiée par l’organisme. La règle centrale reste la même : chaque euro remboursé doit correspondre à une dépense effective, engagée dans l’intérêt exclusif de l’activité associative.

Frais de déplacement et de transport
Les déplacements représentent souvent la part la plus importante des frais engagés par les bénévoles. Un barème kilométrique spécifique aux bénévoles est publié chaque année et permet de calculer le montant remboursable selon la puissance administrative du véhicule et la distance parcourue. Pour une voiture thermique ou hybride de 3 CV, le taux appliqué jusqu’à 5 000 kilomètres s’élève à 0,529 euro par kilomètre, tandis qu’un véhicule de 6 CV atteint 0,665 euro par kilomètre. Les véhicules électriques bénéficient d’une majoration de 20 % sur ces montants, un geste incitatif en faveur de la mobilité durable. Pour les adeptes du vélo ou du covoiturage, le remboursement annuel est plafonné à 800 euros, ce plafond grimpant à 900 euros pour les territoires ultra-marins.
Frais de repas et d’hébergement
Les frais de bouche et de logement obéissent également à des plafonds encadrés. En 2025, le barème applicable aux repas fixe une limite de 7,40 euros, un montant que l’on retrouve aussi dans la logique des titres-restaurant proposés à certains bénévoles très investis, à condition que l’association ait formellement adopté ce principe en assemblée générale et qu’elle soit régulièrement constituée. Pour l’hébergement, les structures fixent généralement des plafonds internes, souvent autour de 60 euros par nuit en région et jusqu’à 90 euros à Paris, afin de tenir compte du coût de la vie local tout en gardant une gestion raisonnable des dépenses.
Procédure et documents nécessaires pour obtenir un remboursement

Les conditions de remboursement sont : frais réels, justifiés par facture, et proportionnés à l’activité menée pour le compte de l’association. Cette triple exigence constitue le socle de toute politique de défraiement sérieuse. On rappelle ici que le remboursement des frais des bénévoles ne doit jamais dépendre d’une appréciation arbitraire, mais bien de règles écrites et connues de tous les membres engagés. Fixer ces règles en interne, idéalement validées en conseil d’administration, permet d’éviter les incompréhensions et de garantir une équité de traitement entre les personnes qui donnent de leur temps.
Justificatifs obligatoires à fournir
Chaque dépense doit être appuyée par un justificatif : ticket de caisse, facture, billet de train ou relevé kilométrique détaillé. Ces documents doivent être conservés pendant 4 ans, une durée qui correspond aux délais de contrôle fiscal et social. En l’absence de pièces probantes, l’association s’expose à un risque réel de requalification en salaire par l’URSSAF, ce qui entraînerait des cotisations sociales rétroactives et, dans les cas les plus graves, des poursuites pour abus de confiance pouvant aboutir à une amende voire à de l’emprisonnement. Un défraiement forfaitaire, non justifié et trop généreux, est précisément le type de pratique qui alerte les organismes de contrôle.
Certaines associations choisissent d’ailleurs de transformer cette contrainte administrative en opportunité fiscale. Un bénévole peut renoncer à son remboursement pour en faire un don, ouvrant droit à une réduction d’impôt de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable, à condition que l’association soit reconnue d’intérêt général à but non lucratif et que le bénévole agisse gratuitement. Pour les dons destinés à des organismes d’aide aux personnes en difficulté, la réduction grimpe à 75 % dans la limite de 1 000 euros, et jusqu’à 2 000 euros pour les dons effectués avant le 14 octobre 2025. Au-delà de ce seuil, le taux de 66 % s’applique sur le complément, dans le respect du plafond global de 20 % du revenu imposable.

Délais et modalités de traitement des demandes
Sur le plan pratique, de nombreuses associations s’appuient désormais sur des outils numériques pour fluidifier la gestion des notes de frais. Des solutions comme AssoConnect, qui accompagnent plus de 40 000 associations et ont permis de collecter 1 milliard d’euros tout en gérant 5 millions de membres, proposent des modules dédiés au remboursement en quelques clics. Le bénévole soumet sa demande via un lien partagé par les administrateurs, télécharge ses justificatifs, puis reçoit une notification automatique une fois la validation effectuée. Les écritures comptables sont alors générées automatiquement, et les virements SEPA sont traités sous un jour ouvré, ce qui simplifie considérablement le travail des trésoriers tout en garantissant une traçabilité complète des opérations. Cette automatisation réduit les erreurs, accélère les remboursements et renforce la confiance entre les bénévoles et la structure qui les accueille.
